Dany se lâche sur la taxeClassé dans : Articles de fonds, Voir tous les articles
Salut à tous, Il y a quelque chose, dans le projet d’instauration de la taxe “carbone”, qui heurte quelque peu cette rationalité que nous sommes réputés partager en tant que Français, et communément désignée sous le fameux vocable d’esprit cartésien.
Cette interrogation s’est transformée en perplexité quand j’entendis l’autre jour et successivement Jean-François Copé, puis le président Sarkozy sur le sujet - j’avais les mains dans la cuisine (à procéder à l’épluchitude du cinquième fruit-légume du jour) et je n’ai pas pu couper le poste à temps, comme je le fais d’habitude, notamment et promptement quand surgit l’insupportable voix de Ségolène (-eeuh).
Je rejoins ce faisant le nombre des gens qui disent : “je n’écoute plus les infos, ça m’énerve trop”. On les comprend, mais d’un autre côté, cela n’empêche pas la réalité de survenir. Et de plus, parfois on rigole bien, quand même. La preuve : la manière dont le président a envoyé sur les roses les journalistes qui l’interpelaient sur les propos d’Hortefeux tient du sublime : selon lui, affirmer en tant que ministre de l’intérieur qu’il y a trop d’arabes est une broutille qui ne mérite pas qu’il s’y arrête, alors qu’il a tant de travail (il sera bientôt le seul à en avoir, et lequel !)
Mais, comme eux, je m’égare. Revenons à nos moutons et à leur tonte.
Selon Copé et Sarko, nous dépensons trop. En effet, le Français est naturellement porté à la gabegie. Gaspiller, vous le savez, c’est notre grande passion.
D’autant que les prix absolument dérisoires de l’essence, du gaz et de l’énergie nous y encouragent. Nous nous chauffons, c’est bien connu, en plein été, nous faisons tourner les moteurs pour rien, pour aller bêtement en vacances par exemple, ou au travail (franchement, pour ce qu’on y gagne encore !), nous ne prenons pas les transports en commun, surtout quand ils sont inexistants, nous refusons avec obstination de congeler en hiver dans nos maisons et nos appartements.
Donc, pour corriger le défaut majeur de cette pulsion obscure qui nous entraîne à dépenser de plus en plus l’argent que nous n’avons pas, nous allons dépenser plus. Pour nous punir ? Bien sûr que non ! Chic et super ! En toute logique, nous ne saurions qu’en être ravis, puisque ce coût supplémentaire va alimenter notre propension viscérale à jeter l’argent par les fenêtres. Et nous nous équiperons d’autant plus difficilement en pompes à chaleur, capteurs solaires, voire éoliennes à l’efficacité plus que douteuses.
On a du mal à saisir la différence entre une simple augmentation des tarifs et la nouvelle taxation “écolo”, sinon que la dernière est flanquée opportunément d’une tentative de culpabilisation typiquement judéo-chrétienne : Nicolas, le chanoine honorifique de Latran n’est pas loin…
Autre question : à quoi va servir le produit de cette taxe ? Dédommager la planète meurtrie, tant s’est enracinée dans cette société l’idée qu’avec du pognon on arrange tout ? Allons-nous en faire, en processions penaudes et contrites, offrande sur l’autel de Bercy à la divinité terrestre courroucée et blessée, à titre de compensations ? Et par quels mystérieux mécanismes cette taxe soulagerait-elle la mise à mal de l’environnement et du climat ?
Quant au “chèque carbone”, on frémit d’avance en en imaginant les réels bénéficiaires.
Dans l’Antiquité (il en reste des traces encore aujourd’hui ou du moins récemment, quand on offrait, il y a peu, des oeufs ou des volailles aux curés), il était d’usage d’apporter dans les temples des sacrifices en nature, soit de la nourriture, ou encore des jeunes filles vierges. Il était admis que ce dont les dieux ne voulaient pas était laissé pour la consommation des prêtres.
Qui sont ces prêtres aujourd’hui ?
DM
Tags : ecologie
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- fmuller
- 12 sept 2009 2:54
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